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Les faims plutôt que la faim
1 Sep 2020

Les faims plutôt que la faim

Post by Emmanuelle Rallet

La faim est une sensation physique provenant du ventre ou de l’estomac. Elle se manifeste quand le corps humain manque d’énergie et de nutriments. Elle n’est pas souvent perçue car, habituellement, la prise alimentaire la devance. Il existe d’autres formes de faim que celle du ventre. Elles sont sept à avoir été recensées.


Les symptômes de la faim du ventre

Cette faim est perçue toutes les 3 à 4 heures pendant la journée et ce rythme est également observé en période de jeûne. Cette sensation se manifeste par différents signaux plus ou moins perceptibles :

Si ces symptômes s’accentuent avec le temps, la faim est bien réelle. Aussi, toujours attendre un peu de temps avant de manger !


Les dessous de la faim du ventre

Plusieurs phénomènes interagissent. Le plus souvent, c’est l’hypoglycémie qui est à l’origine de la faim. L’hypoglycémie peut être due à un manque de carburant pour le corps humain en cas de dépenses énergétiques élevées ou à un temps assez long depuis la dernière prise alimentaire. Une hypoglycémie est aussi observée en cas de stress psychologique.

L’état d’hypoglycémie entraîne la libération d’une hormone sécrétée par l’estomac appelée ghréline. Elle agit sur l’hypothalamus où se trouvent les centres nerveux de la faim. Sa sécrétion s’arrête lorsque la prise alimentaire est suffisante. L’activité de la ghréline diminue avec l’âge ce qui peut, en partie, expliquer le faible appétit de certaines personnes âgées.

Le manque de protéines stimule également les centres nerveux de la faim.


Les sept faims 

La prise alimentaire comble davantage que la faim du ventre.

 La faim des yeux

La vue de plats ou d’aliments appétissants peut déclencher la faim et tout est fait pour que cette faim prenne le pas sur la sensation de la satiété. En plus, la vue d’un contenant rempli incite à manger et souvent à le terminer. De même, le simple fait de lire des mots relatifs à la nourriture peut donner « l’eau à la bouche » et donc faim.

Comment combler la faim des yeux ?  Plus il y a de diversité de formes, de couleurs, de contrastes, plus la satisfaction des yeux est grande. Avant de manger, prendre le temps d’admirer, d’observer les mets. C’est l’harmonie, la beauté qui comblent la faim des yeux. Et quelques fois, la seule satisfaction de la faim des yeux peut suffire sans avoir besoin de manger car les autres faims ne sont pas activées.

 La faim du nez

Les odeurs agréables d’aliments donnent faim et c’est utilisé pour stimuler l’envie de manger et d’acheter certains aliments. Le nez est constamment en action et capable de percevoir les odeurs mais encore faut-il leur prêter attention. Les odeurs ont un effet assez primitif sur l’inconscient car le sens olfactif est en lien direct avec le cerveau et l’instinct. Il servait de guide pour trouver la nourriture et choisir les « bons » aliments.

Prendre le temps de sentir un aliment ou un plat peut satisfaire la faim du nez sans nécessairement le déguster. Fermer les yeux permet de se concentrer davantage sur la perception des odeurs et des parfums.

 La faim de la bouche

Plusieurs sens entrent en action lors de la mise en bouche :

Toutes ces sensations sont perceptibles à condition de leur consacrer toute notre attention. Il est tout à fait possible de manger sans rien percevoir si le repas est trop rapide et surtout si l’attention est portée sur autre chose comme une discussion, un film, la lecture. Dans ce cas, la faim de la bouche ne sera pas satisfaite et persistera.

Pour percevoir toutes ces sensations, il faut être à l’écoute et se questionner : quelles sont les saveurs du plat ? Laquelle domine ? Sont-elles perçues toutes en même temps ?  Quelle est la texture au début lors du premier coup de dent ? Comment évoluent les textures ?  Quelles épices sont présentes ? Quels ingrédients contribuent à l’arôme global ? Se crée-t-il une harmonie ? Quelles sensations persistent après la dégustation ? Toute l’attention portée à la dégustation permet de manger en pleine conscience et de satisfaire la faim de la bouche. Cela incite à manger lentement et à bien mastiquer les aliments.

La bouche est très avide de sensations surtout si elles sont variées et agréables.  Certaines d’entre elles comme le sucré, le gras ou le salé entretiennent l’envie de manger et semblent difficiles à rassasier. Alors que d’autres comme l’amertume ont tendance à stopper cette envie et convient particulièrement pour clore un repas.

La faim du ventre

C’est la faim décrite au début de cet article qui correspond aux signaux envoyés par l’estomac. Il n’est pas toujours facile de la percevoir ni d’évaluer son intensité. Ses signes sont quelques fois confondus avec ceux provoqués par les brûlures d’estomac ou par l’anxiété. Ceci explique pourquoi cet état de préoccupation incite à manger. Mais, comme l’estomac ne demandait rien, il envoie des signaux de détresse qui peuvent être interprétés comme des signes de faim et pousse à manger à nouveau et c’est le cercle vicieux car le fait d’avoir trop manger amplifie l’anxiété ! Pour en sortir, il est important d’apprendre à reconnaître la « vraie » faim du ventre dont les signes sont décrits précédemment. La satisfaire permet d’apporter les aliments nécessaires à l’organisme en quantité adaptée.

La faim du corps

Lorsque les cellules de notre corps ont besoin de nutriments particuliers, cela se traduit par des envies d’aliments bien spécifiques aptes à les combler. C’est pourquoi, être à l’écoute de ses sensations et de ses envies permet d’ajuster au mieux son alimentation en qualité et en quantité. Ce ne sont pas toujours des caprices !

Les besoins des cellules évoluent en fonction des saisons et il s’avère que la nature fournit au bon moment des aliments qui contiennent les nutriments nécessaires à combler le corps. Aussi, il est d’autant plus important de respecter la saisonnalité des produits et de tout mettre en oeuvre pour préserver leurs éléments nutritionnels.

La faim du cœur

Certains aliments sont intimement liés à des émotions comme le bonheur, la bienveillance ou le partage. Ils peuvent aussi évoquer des souvenirs d’enfance, des repas de famille, des moments partagés à cuisiner… Ressentir ces émotions et se laisser envahir par les souvenirs permet de satisfaire la faim du cœur.

Avant de manger, prendre le temps de penser à tout le temps et le soin nécessaire pour que les aliments arrivent jusque dans l’assiette. Cela permet de les rendre plus précieux et de les apprécier encore plus.

En revanche, il est impossible de ne compter que sur la nourriture pour combler un vide du cœur. C’est déjà en profitant, en pleine conscience, du moment présent que le cœur se remplit en toute intimité.

La faim de l’esprit

Elle vient de nos pensées, de nos croyances, de notre savoir sur les aliments et les besoins du corps humain. Cela révèle des contradictions et crée des insatisfactions. L’idéal serait de trouver un équilibre et de remettre les aliments à leur juste place sans leur donner une importance excessive. Ce serait aussi de ne se priver d’aucun aliment et de les consommer sans excès mais avec plaisir et en pleine conscience. L’équilibre, c’est aussi accorder la faim de l’esprit avec la faim du corps.

La faim de l’esprit est la plus difficile à satisfaire car elle change à tout moment selon l’humeur de l’esprit. C’est seulement quand la conscience occupe tout l’esprit que la satisfaction peut être totale.


Un repas réussi devrait être capable de satisfaire toutes les faims à condition de prendre le temps de manger en pleine conscience et d’avoir les clés pour être attentif à toutes les sensations. Elles sont nombreuses et quelques fois presque imperceptibles mais le plus important est de rester à l’écoute des sens, du corps, de l’esprit, du cœur et petit à petit une harmonie se créera.


Emmanuelle Rallet

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